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Comment le métier de tatoueur m’a choisie ?

Comment le métier de tatoueur m’a choisie ?

On me pose assez souvent la question : « comment es-tu devenue tatoueuse? »

C’est une histoire peu banale en réalité. Mais nous avons tous des parcours de vie somme toute uniques.

Je suis née en 1970 et mon histoire d’amour avec le dessin a commencé dès que j’ai pu tenir un crayon entre mes mains d’enfant. Je dessinais souvent, et j’aimais déjà représenter des animaux. Je me souviens d’ailleurs d’une scène de savane peinte sur un papier à dessin géant ( le genre vendu en grand rouleau ) que j’avais réalisée au CE1 à la demande de notre institutrice, et qui décorait le mur du fond de notre salle de classe.

Plus tard, au moment de faire des études j’ai fait une première inscription en faculté d’Arts Plastiques, et plus tard encore passé le concours d’admission à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg où je vivais à l’époque. Mais je n’ai pu terminer mes études d’art car devenue mère, il fallait « faire bouillir la marmite ». J’ai travaillé pendant plusieurs années sans plus vraiment m’occuper de peinture.

La reconnexion avec l'art

Et puis finalement la peinture est revenue dans ma vie en 2012 à l’occasion d’une fresque que je m’étais engagée à réaliser dans un bar, à titre presque gratuit à ce moment-là car j’avais besoin de renouer avec l’art pour me sortir d’une situation matérielle de changement d’activité professionnelle qui était devenue difficile à gérer psychologiquement. En effet, je cherchais à changer de voie professionnelle et ce vers quoi je m’étais tournée … avait tourné court du jour au lendemain et au dernier moment, sans que j’aie la moindre possibilité ( au moins au premier abord ) de retomber sur mes pattes. Et toujours cette fameuse marmite à faire bouillir.

J’avais donc entendu parler de ce patron de bar qui voulait une fresque mais demandait à des lycéens de la lui réaliser car il ne voulait pas payer cher, et je me suis dit: « fais-le, même si ça ne paie pas beaucoup, tu as vraiment besoin de te changer les idées! ». 

Et lorsque je me suis attelée à la tâche, des clients de ce bar sont venus pendant les trois jours que m’avait pris ce travail, me demander où se trouvait mon studio de tatouage! Que je n‘avais bien sûr pas encore à ce moment-là. J’étais même à mille lieues de me dire que le métier de tatoueur était envisageable, tellement j’avais eu par le passé de mauvaises expériences en tant que cliente avec des tatoueurs (les anciens, ceux des années 80 et 90…).

Et lorsque le troisième client à me demander cela, me dit finalement : « Mais qu’est-ce que tu attends pur te trouver une machine, moi je te sers de cobaye direct! » je me suis dit qu’il n’y avait pas de sot métier, que j’étais justement en recherche de reconversion professionnelle, et que c’était peut-être enfin l’occasion de gagner une rémunération avec l’art et que sans doute tout cela n’arrivait pas pour rien. (oui, j’aime bien les "signes").

Le lancement de mon activité de tatoueuse

Alors s’en en est suivie une année d’entraînement avec les machines, au début sur les fameuses peaux de cochon récupérées chez le boucher, puis sur moi un petit peu, et plus tard, les premiers volontaires.

Il n’était pas question pour moi d’aller chercher un apprentissage chez un tatoueur pour plusieurs raisons :

  1. La première était que je n’en avais pas le temps, avec cette marmite à faire bouillir, et une fille de 18 ans qu’il fallait soutenir dans son début de vie adulte.
  2. La seconde raison est que je n’avais aucune envie de passer mon temps a faire des dessins pour un des rares tatoueurs résidant dans la campagne vosgienne où j’habitais à ce moment. Le dessin je connaissais, et ce n’était pas particulièrement cela que j’avais besoin de travailler.
  3. La troisième raison est que dans ma première profession que j’avais exercée à mon propre compte pendant 15 ans, j’étais déjà une autodidacte accomplie.

C’est ainsi que l’aventure de ce métier a commencé pour moi. En Septembre 2013, j’ouvrais mon studio de tatouage au 60 avenue du Pont Juvenal à Montpellier où je suis toujours.

Et c’est pour cela que j’ai coutume de dire que je n’ai pas choisi le métier, c’est lui qui m’a choisie. Et je l’exercerai avec plaisir tant qu’il voudra de moi.

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