Depuis que j’ai ouvert mon studio de tatouage en 2013, j’ai entendu parler déjà à trois reprises de tentatives d’interdiction de certaines encres de tatouage.
En 2013 il s’agissait des pigments de teintes rouge et jaune.

En 2020 on a entendu parler d’une tentative de diabolisation de l’encre noire.

Maintenant en 2021 c’est au tour des pigments bleus et verts.

(Vous trouverez à la fin de cet article des liens qui expliquent cela en détail, et avec plus de précision.)

 On s’aperçoit à travers ces manœuvres qu’il n’y a jamais eu d’étude quelle qu’elle soit qui ait permis de démontrer que les pigments autorisés et utilisés aujourd’hui en cosmétique et en tatouage soit un danger pour la santé. Il faut par ailleurs remarquer qu’en 2013 la seule étude qu’on trouvait dans l’argumentaire pour l’interdiction était une vieille étude anglaise très douteuse, à caractère sociologique et datant des années 70 qui cherchait à montrer que les tatoués étaient des inadaptés sociaux .

Ce qui se cache à mon avis derrière ces tentatives du pouvoir de contraindre le tatouage à son extinction est bien autre chose que le principe de précaution.

À ce sujet j’aimerai d’ailleurs faire un petit aparté et noter ici que nous aimerions tous qu’un tel principe de précaution s’applique aux industries pharmaceutiques qui nous soumettent à des contraintes d’injection de produits expérimentaux dont on ne peut ni vérifier les compositions ni assurer qu’ils sont d’une réelle innocuité sur la santé humaine.

 

Ainsi, voici comment je démontrerai par comparaison avec l’histoire humaine les motivations réelles et cachées de ces interdictions.

On s’aperçoit, comme je l’exposais brièvement dans mon article «  Les origines du tatouage » que le tatouage a toujours été depuis l’aube de l’humanité la pratique artistique et culturelle la plus répandue au monde, tout comme l’est la musique par exemple.

Or il se trouve que les seuls exemples historiques que l’on trouve d’ostracisation des tatoués et d’interdiction du tatouage ont toujours eu lieu au sein d’empires totalitaires ou de systèmes religieux à caractère totalitaire.

 

En voici quelques exemples:

  • L’empire romain décrivait les peuples dits barbares et leurs tatouages en opposition avec les citoyens romains non tatoués, sauf les légionnaires qui portaient leur appartenance à leur corps de légion tatouée sur la peau.
  • Les empires chinois utilisaient à des fins punitifs le tatouage qui n’était pas bien considéré socialement, pour, par exemple, tatouer l’idéogramme de « voleur » sur le front de quelqu’un qui avait volé.
  • Les nazis utilisaient le tatouage sur les prisonniers des camps de concentration pour les marquer comme le bétail.
  • Les religions chrétiennes ou islamiques prétendaient que le tatouage était une modification sacrilège du corps que dieu avait donné aux fidèles. Même si l’on sait que de nombreux pèlerins dans des âges reculés se tatouaient à l’issue de leur pèlerinage pour marquer dans leur peau leur accomplissement ( et assouvir ainsi un besoin humain fondamental ) .

 

À quelles fonctions servaient le tatouage chez les peuples premiers ?

  • Il avait et a toujours une fonction décorative et esthétique. C’est de l’art.
  • Il a une fonction d’identification sociale à un groupe, une famille, une tribu ou un clan. C’est une fonction d’ appartenance de l’individu à son groupe social naturel.
  • Il a une fonction d’affirmation de soi et de ses accomplissements au sein de ce groupe d’appartenance. En effet chaque symbole et motif représente une étape de la vie, un accomplissement.
  • Le tatouage a également une fonction magique et religieuse de protection de l’individu de par les symboles qui sont gravés dans la peau.

 

Anna Ahrendt avait précisé que pour fonctionner le totalitarisme a besoin de casser les groupes d’appartenance, donc bien entendu les classes sociales, mais la famille aussi, qui est évidemment  un groupe d’appartenance.

On va venir arracher les individus à leur groupe d’appartenance, et ça c’est très totalitaire, `c’est une stratégie de division.

Diviser pour mieux régner, selon Machiavel.

D’autre part le totalitarisme au aussi besoin d’écraser les individualités humaines, de niveler tout le monde dans une uniformité.

À qui donc profite ce « crime » d’interdiction des encres de tatouage ?

Des humains qui connaissent leurs racines , leur culture et qui ont une personnalité marquée ne sont pas facilement manipulables.

Pour en revenir aux motif de principe de précaution affiché par l’Union Européenne pour interdire les encres, lorsqu’on vous dit qu’on va faire quelque chose pour votre bien, cela peut-être en réalité une technique extrêmement raffinée de manipulation. Car seul vous-même êtes à même de savoir ce qui est bon pour vous.

Lorsqu’une entité vient vous dire : «  c’est pour votre bien, » cela doit déclencher une alarme chez vous. Est-ce réellement pour mon bien? N’y a t’il pas un autre motif?

On a à faire là à une infantilisation de l’individu qui ne serait pas à même de juger ce qui est pour son bien.

Le pouvoir en place projette ainsi une figure parentale, et s’arroge toute autorité; c’est un pouvoir de nature totalitaire.

Je mets donc ici le lien vers la pétition à signer pour le maintien des encres de tatouage:

https://syndicat-national-des-artistes-tatoueurs.assoconnect.com/articles/68129-petition-pour-le-maintien-de-certains-pigments-dans-les-encres-de-tatouage

 

Et:

https://syndicat-national-des-artistes-tatoueurs.assoconnect.com/page/86330-accueil

  

Cependant , je voudrais encore dire ceci:

 

Je me suis renseignée tout récemment auprès de fournisseurs qui m’ont dit ne pas être inquiets pour le moment, et même si certains pigments sont interdits:

  1. Cela ne concernerait que lUE, auquel cas nous pouvons nous fournir hors UE.
  2. les fabricants dencre se retourneraient pour proposer des encres de couleurs en conformité. À voir ….
  3. Il faut pour quune loi soit applicable que le décret dapplication sorte. Et nous sommes actuellement pas à ce stade.

 

J’en profite pour rappeler qu’à ce jour il n’y a AUCUNE étude qui mette en évidence une éventuelle dangerosité des pigments dans les encres de bonne qualité sur la santé.

 

Je vous remercie de m’avoir lue.

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